Administration de médicaments par injection

De La-chevre.

Usages thérapeutiques

Les médicaments vétérinaires sont un outil important dans le traitement et dans la prévention de la maladie. Correctement appliqués, ils assurent la sécurité des produits alimentaires ainsi qu'une réaction positive au traitement. Considérer les points suivants avant de traiter les bovins laitiers.


Choix du cas :

le médicament n'est pas toujours la meilleure façon de combattre une maladie. Le choix du traitement doit prendre en compte le diagnostic, la réponse attendue au traitement et l'avantage économique escompté. Par exemple, un traitement par antibiotiques est efficace contre une infection bactérienne, mais pas contre une infection virale. Le traitement d'une mammite subclinique chez une chèvre tarie est efficace et rentable, alors que le même traitement chez une chèvre en lactation peut ne pas l'être. Le vétérinaire peut aider à choisir les cas qu'il convient de traiter.


Choix du médicament :

Choisir le bon traitement. Demander l'avis du vétérinaire sur le médicament à choisir, la voie d'administration, la dose recommandée, l'intervalle entre les traitements et le nombre de traitements. Le vétérinaire doit donner au propriétaire du troupeau des instructions claires, par écrit, qui indiquent l'animal traité et le protocole à suivre. Le vétérinaire joue également un rôle important dans le suivi des réactions au traitement.


Dans le cas de bien des médicaments et vaccins, l'injection est la meilleure façon d'administrer le produit à la chèvre. Même si l'injection a pour but d'aider l'animal, elle peut aussi lui nuire. En effet, si elle n'est pas administrée correctement, elle risque de causer des cicatrices et des abcès, mais elle peut aussi être sources de douleurs et de souffrance. Le produit risque alors d'être mal absorbé, de perdre de son efficacité et de laisser des résidus de médicaments dans la viande ou le lait.

Cette page va tenter de vous expliquer sommairement les bonnes techniques d'injection.


Toujours lire l'étiquette avant d'utiliser un produit


Les fabricants de produits pharmaceutiques offrent des produits sûrs et efficaces, pourvu que les produits soient entreposés et utilisés conformément aux directives portées par l'étiquette. Avant qu'un permis ne soit accordé pour un produit, des recherches doivent avoir été faites pour déterminer le site d'injection, la voie d'administration et la posologie qui permettront le mieux de traiter l'affection en cause chez une espèce ou une classe d'animaux en particulier.


L'étiquette d'un médicament approuvé porte l'information suivante :

  • le nom du produit, l'ingrédient actif et la concentration du médicament;
  • les directives de préparation, s'il y a lieu;
  • la formulation du produit et le contenu du récipient;
  • les mises en garde signalant les dangers que le produit présente pour la santé et la sécurité des humains qui le manipulent et les éventuelles restrictions à son utilisation;
  • le délai d'attente qu'il est recommandé de respecter entre le dernier traitement et la traite ou l'abattage de l'animal si le lait ou la viande est destiné à la consommation humaine;
  • une déclaration des précautions à prendre dans l'entreposage et la manutention pour préserver la stabilité et l'efficacité du produit;
  • les indications précisant l'espèce, la classe d'animaux d'élevage et les affections pour lesquelles le produit a été conçu;
  • le mode d'emploi, c.-à-d. la posologie, la fréquence d'administration du médicament, la durée du traitement, la voie d'administration (p. ex. injection intramusculaire [IM], sous-cutanée [SC] ou intraveineuse [IV]) et l'intervalle à respecter entre les traitements;
  • les mises en garde et les contre-indications précisant les dangers que le médicament représente pour la santé et la sécurité des animaux (p. ex. effets secondaires possibles);
  • les restrictions à l'utilisation du médicament (p. ex. "Ne pas administrer à des chèvres en lactation");
  • l'instruction de lire le feuillet inséré dans l'emballage, qui précise les mesures particulières à prendre au moment d'utiliser le produit ou la nécessité de s'adresser à un vétérinaire pour des directives plus complètes;
  • la date limite d'utilisation, même si l'emballage n'a pas encore été ouvert;
  • le numéro de lot, soit le numéro attribué par le fabricant pour identifier le lot de production du médicament.






Utilisation hors-étiquette

On parle d'utilisation hors-étiquette, ou plus précisément d'utilisation de médicaments en dérogation des directives de l'étiquette (UMDDE) pour désigner toute utilisation non conforme aux directives de l'étiquette. L'UMDDE est possible UNIQUEMENT sur la recommandation écrite et expresse d'un vétérinaire, qui doit fournir le complément d'information nécessaire afin que le produit soit utilisé de la manière qu'il recommande.

Le non-respect des directives portées par l'étiquette peut avoir des répercussions sur les délais d'attente ou l'efficacité du produit.

Toute utilisation d’un médicament qui ne respecte pas les instructions figurant sur l’étiquette ou les notices accompagnant ce produit constitue une utilisation non conforme à l’étiquetage. Les délais d’attente mentionnés sur les étiquettes ne sont valables que si l’on utilise le produit en suivant scrupuleusement les instructions.

Vous ne devez employer des médicaments de façon non conforme à l’étiquetage que sous la surveillance directe d’un vétérinaire, qui doit vous donner les instructions et les délais d’attente par écrit.


Préparation du produit

  • Désinfecter le dessus du flacon à l'aide d'un tampon d'alcool.
  • Insérer l'aiguille dans le flacon.
  • Toujours utiliser une aiguille stérile; ne jamais insérer dans le flacon une aiguille ayant déjà servi.
  • Retirer toutes les aiguilles des flacons avant de les entreposer.
  • Entreposer les produits conformément aux directives portées par l'étiquette.


Hygiène

  • Se laver les mains avant et après la manipulation de médicaments.
  • Dans la mesure du possible, utiliser des seringues jetables.
  • Rincer les seringues réutilisables en n'utilisant que de l'eau chaude (sans savon ni détergent) si elles doivent servir à l'administration de vaccins à virus vivant modifié. Les produits chimiques risqueraient de détruire le virus vivant et d'inactiver le vaccin.
  • Dans le cas des seringues destinées à d'autres types de produits injectables, utiliser de l'eau chaude et un désinfectant doux pour les nettoyer.
  • Après le nettoyage, utiliser un autoclave (appareil effectuant sous pression la stérilisation à la vapeur) pour stériliser les seringues réutilisables avant de les utiliser à nouveau.


Choix des aiguilles

  • Utiliser une aiguille stérile pour chaque animal.
  • Dans la mesure du possible, utiliser des aiguilles jetables à usage unique. La réutilisation d'aiguilles contribue à la transmission d'agents infectieux d'un animal à l'autre.
  • Il arrive qu'on utilise la même aiguille pour de multiples injections. C'est notamment le cas lorsqu'on administre de nombreuses doses dans un court laps de temps, par exemple, quand on administre des produits vermifuges injectables aux chèvres de boucherie. Il est alors important de changer souvent d'aiguille (c. à d. tous les dix animaux).
  • Choisir l'aiguille la plus fine qui puisse être utilisée pour le type de produit et le volume à injecter, afin d'endommager le moins possible les tissus et de réduire la quantité de produit qui peut s'échapper du site d'injection.
  • Choisir la bonne longueur d'aiguille en tenant compte du type d'injection et de la taille de l'animal injecté. Se servir d'aiguilles courtes (12,7-25,4 mm ou ½ - 1 po) pour les injections SC et d'aiguilles plus longues (38,1 mm ou 1 ½ po) pour les injections IM. S'assurer d'utiliser une aiguille de la bonne longueur pour administrer des injections à des animaux qui sont jeunes et dont les muscles sont moins développés, afin d'éviter d'atteindre les nerfs ou d'autres tissus.

Contention des animaux

Il est important, pour la personne qui administre le vaccin comme pour l'animal, que ce dernier soit maintenu en place pendant l'injection.

  • Une bonne immobilisation du sujet empêche l'aiguille de se briser durant l'injection par suite d'un mouvement brusque de l'animal.
  • Elle évite à l'opérateur de s'auto-injecter accidentellement le produit et lui permet de bien voir le site d'injection.


Volume de produit à injecter

  • Injecter le produit à un seul point d'injection en ne dépassant pas la dose recommandée sur l'étiquette.
  • Pour l'injection de volumes importants, répartir la dose en petites quantités et injecter celles-ci à des points d'injection différents. En général, pour les injections IM, on évite d'injecter plus de 10 mL par site. Dans le cas des injections SC, on ne doit pas dépasser 20 mL par site.


Mélange de produits

  • Éviter de combiner dans le même flacon ou la même seringue des vaccins ou des médicaments, à moins que le mélange ne soit clairement prévu sur l'étiquette. Certains mélanges peuvent influencer le produit en modifiant son pH ou sa composition chimique, ou en formant un précipité dans la solution.
  • Avant de les utiliser, agiter les produits conformément aux directives portées par l'étiquette pour s'assurer qu'ils restent bien en suspension dans le flacon.


Techniques d'injection


Injections intramusculaires

  • Choisir comme sites d'injections IM, les tissus musculaires de moindre valeur pour les consommateurs. Chez les les chèvres de boucherie, par exemple, on privilégie le cou plutôt que les hanches.
  • Aspirer de l'air dans la seringue et injecter dans le flacon un volume d'air correspondant au volume de solution qui en sera extrait, de manière à équilibrer la pression. Sans cette injection d'air, il sera difficile d'extraire la solution du flacon.
  • Une fois la solution dans la seringue, tapoter délicatement le corps de la seringue avec le doigt, l'aiguille vers le haut, afin de faire monter les bulles d'air vers l'aiguille. Enfoncer lentement et délicatement le piston pour faire sortir les bulles d'air avant d'injecter le produit.
  • Administrer les injections IM profondément dans le muscle. Utiliser une aiguille suffisamment longue pour traverser la peau, les tissus sous-cutanés et les tissus adipeux, et atteindre le muscle. Faire pénétrer l'aiguille perpendiculairement à la surface de la peau.
  • Insérer l'aiguille dans l'animal, puis fixer la seringue à l'aiguille. Pour s'assurer que l'aiguille n'a pas pénétré dans un vaisseau sanguin, retirer le piston et observer si du sang s'immisce dans la seringue. Si du sang apparaît, retirer l'aiguille et l'enfoncer à un endroit différent, distant d'au moins 2,5 cm (1 po) du site d'injection initial.


Injections sous-cutanées

  • En règle générale, si l'étiquette donne le choix entre une injection IM ou SC, on opte pour l'injection SC.
  • Les injections SC s'administrent jusqu'à la moitié du cou à l'avant des épaules, ou au-dessus des côtes, bien en arrière de l'épaule.
  • Utiliser une aiguille longue de 12,7 - 25,4 mm (½ - 1 po).
  • Pour donner une injection SC , pincer la peau autour du point d'injection pour la soulever et former une " tente ". Insérer l'aiguille à travers une paroi de la tente à un angle de 30-45 degrés par rapport à la surface du corp, puis donner l'injection.


Injections intraveineuses

  • Les personnes qui veulent administrer des injections par voie IV doivent se faire enseigner la technique et se faire conseiller par un vétérinaire, car il s'agit d'une opération qui réclame un savoir-faire et de la pratique.


Injections multiples

  • Choisir différents sites d'injection sur le corps (p. ex. des deux côtés du cou) quand des traitements répétés doivent avoir lieu en l'espace de quelques jours.
  • Laisser au moins 10 cm (4 po), soit la largeur d'une main, entre le nouveau site d'injection et le précédent.



Conséquences de mauvaises techniques d'injection

  • Échec du traitement, si l'absorption du produit est retardée ou bloquée.
  • Présence de résidus de médicaments dans la viande ou le lait, si le médicament ne peut être absorbé ou métabolisé assez rapidement.
  • Souffrance et incapacité de l'animal, si les nerfs sont atteints ou si la réaction des tissus provoque de l'enflure.
  • Parage excessif à l'abattoir, en raison d'abcès, de cicatrices ou d'aiguilles brisées dans l'animal.
  • Choc ou décès de l'animal traité, si les médicaments entrent par mégarde dans le réseau sanguin.
  • Injection accidentelle des opérateurs.



Registre des traitements

Afin de garantir le respect des délais d'attente avant l'abattage ou la traite, de faciliter les décisions touchant les traitements et d'améliorer le taux de réussite des traitements, il faut absolument consigner dans un registre permanent tous les traitements administrés aux animaux destinés à la consommation humaine.

  1. Tenir des registres permanents des traitements administrés à des animaux ou à des groupes d'animaux.
  2. Noter le code d'identification de l'animal, la ou les dates d'administration du traitement, le nom du produit employé, la dose administrée, la voie d'administration du médicament, le site d'injection et le délai d'attente à respecter avant l'abattage ou la traite.
  3. Demander au vétérinaire de formuler par écrit les consignes à respecter dans l'administration des médicaments, surtout s'il s'agit d'un produit dont il recommande l'utilisation en dérogation des directives de l'étiquette.
  4. Conserver les dessus des boîtes ou les étiquettes des produits utilisés, afin d'avoir accès aux noms des produits, aux numéros de lot et aux dates limites d'utilisation. Inscrire la date d'utilisation sur le dessus de la boîte ou sur l'étiquette afin d'avoir une référence permanente de la date à laquelle le produit a été utilisé.
  5. Pour chaque produit d'usage courant, garder dans une chemise ou un tiroir un exemplaire à jour du feuillet qui était inséré dans l'emballage du produit.



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