Alimentation de la chèvre laitière

De La-chevre.

Chez la chèvre laitière, la production quotidienne de lait équivaut à 9 ou 10% de son poids, pour maintenir cette production, la chèvre doit manger l’équivalent de 5 à 7 p. 100 de son poids chaque jour, la chèvre reçoit pour ce faire une ration équilibrée composée de fourrage, de céréales et de suppléments.

Le bien-être et la productivité de la chèvre dépendent dans une large mesure d’une alimentation conforme à ses besoins.

Alimenter de façon conforme signifie:

1. Favoriser l’ingestion dans les phases aux besoins élevés par du fourrage de bonne qualité et par une technique d’affouragement respectant les besoins de la chèvre.
2. Adapter l’apport en nutriments et minéraux aux différentes phases du cycle de production, telles que la gestation et la période d’allaitement.
3. Distribuer les aliments en fonction de leurs propriétés et de leurs teneurs en nutriments.
4. Éviter les troubles dus à l’alimentation


L’ingestion d’une chèvre est influencée principalement par son poids et sa productivité, par la composition et la qualité de la ration de même que par la technique d’affouragement.

Pour obtenir une ingestion optimale, il faut tenir compte de quelques particularités de la chèvre, dont son comportement alimentaire gourmand.
Faisant la fine bouche, la chèvre préfère les feuilles aux tiges et parmi les tiges, elle choisit celles qui ont la teneur en cellulose brute la moins élevée. Par conséquent, les teneurs en énergie et en protéines des aliments qu’elle ingère s’élèvent – selon la ration et les restes d’aliment admis – de 5 à 20% au-dessus de la teneur de la ration distribuée. Ainsi, la quantité de lait effectivement produite est plus élevée que celle calculée. Ceci n’est cependant valable que si l’on admet que la chèvre laisse des restes d’aliments.

En plus de cette particularité, il faut tenir compte des points suivants, si l’on veut atteindre une ingestion optimale d’aliments:

  • Distribuer du fourrage de bonne qualité
  • Distribuer d’abord le fourrage puis les concentrés
  • Distribuer l’aliment concentré sous forme fractionnée(env. 200-300 g par repas)
  • Mettre le fourrage à disposition 24h/24
  • Modifier la ration progressivement

Il ne faut pas oublier de mettre suffisamment d’eau à disposition des animaux. En principe, une chèvre boit 3,5 litres d’eau par kg de matière sèche consommée (eau contenue dans l’aliment et eau bue à l’abreuvoir). L’eau bue dans les abreuvoirs dépend principalement de la teneur en matière sèche de la ration. L’eau consommée avec une ration de foin est donc sensiblement plus élevée que celle consommée avec de l’herbe.


L'alimentation de la chèvre vise à obtenir une production optimale de lait. Il faut donc adapter l'alimentation à son cycle de production (gestation, lactation) qui se termine par le tarissement. De cette façon, on comble adéquatement ses besoins nutritionnels et on évite l’épuisement de ses réserves corporelles en début de lactation.


Gestation


La préparation de la chèvre pour sa prochaine lactation débute dès le tarissement. Il est alors impératif de surveiller régulièrement son état de chair. Il est préférable que la chèvre air reconstitué la majeure partie de ses réserves corporelles avant le tarissement, car elle accumule des réserves énergétiques plus efficacement en fin de lactation qu’en début de tarissement.

Il faut éviter un état d’engraissement trop prononcé au cours du tarissement. Du tarissement jusqu’à 6 semaines avant la mise bas, il y a un besoin accru en nutriments dû à la croissance des fœtus; baisse de la consommation de 20%, utiliser un fourrage de bonne qualité est préférable afin de limiter l’apport d’aliments concentrés. L’ingestion d’un bon foin en fin de gestation déterminera la consommation volontaire de matières sèche en début de lactation.
Selon la qualité des fourrages utilisés, il est recommandé de distribuer de la moulée à raison de 100 à 200 g/jour à partir du quatrième mois de gestation et d’augmenter graduellement la ration de moulée jusqu’à 400 à 600 g/jour à la mise bas, en cas d’apport énergétique insuffisant, il y a un risque de toxémie de gestation.
À ce moment, la chèvre reçoit environ 1% de son poids vif en moulée. Cette façon de procéder prépare le système digestif de la chèvre à recevoir de grandes quantités de moulée après le chevrettage afin de soutenir une forte production laitière.
Il est recommandé de diminuer les apports en calcium pendant les trois derniers mois de gestation afin de prévenir les risques de fièvre vitulaire après la mise bas.



Période Aliments Développement physiologique Technique d'alimentation
Deux premiers mois
  • Eau à volonté
  • Foin de bonne qualité
  • Moulée ou céréales en fonction du fourrage servi
  • Minéraux
  • Besoins énegétiques peu élevés
  • Foin à volonté
  • La distribution de moulée n'est pas essentielle, mais dépend de la qualité du foin et de l'état de chair de la chèvre
Trois derniers mois
  • Eau à volonté
  • Foin de haute qualité, pas de luzerne pure
  • Moulée ou céréales
  • Minéraux en libre choix¹
  • Sel avec iode et cobalt si nécessaire
  • Période de tarissement
  • Développement maximum du feotus (70% de la masse corporelle)
  • Mobilisation des réserves et capacité d'ingestion réduite
  • 300 à 400 g de moulée selon l'état de chair
  • Supplément de vitamines (A,D et E) 15 jours avant la mise bas
¹Le supplément minéral servi dépend de la qualité des fourrages



Lactation


En début de lactation, la consommation de matière sèche ne permet pas à la chèvre de satisfaire ses besoins nutritionnels. Le déficit énergétique est alors comblé parla mobilisation des réserves adipeuses. Pour diminuer les risques de cétose, il convient d’offrir une moulée à teneur énergétique élevée (1.58 Mcal/kg de matière sèche).
Il faut limiter le déficit en protéines digestibles au début de la lactation. On peut y parvenir en servant une ration riche en protéines (17% de protéines brutes/kg de matière sèche) dont une forte proportion n’est pas dégradable. La ration doit contenir environ 7 g de calcium et 3.5 g de phosphore par kg de matière sèche.
Veillez à augmenter graduellement les quantités de moulées servies, et ce, à raison de 40 g par chèvre/jour jusqu’à un maximum de 2.5% du poids vif de la chèvre. Il faut s’assurer que le régime alimentaire ne comporte pas plus de 5% de concentrés sur base de matière sèche afin de favoriser une rumination adéquate de la chèvre et ainsi éviter une baisse du taux de matières grasses du lait.
Ces recommandations sont très importantes car le régime alimentaire influence les teneurs en matières grasses et en protéines du lait.
Une ration contenant un minimum de 18% de fibres brutes, 25% ou moins d’amidon et entre 2.5 et 5% de grains favorise la production d’un lait contenant un taux optimum de matières grasses et de protéines, ce qui donne un rendement fromager idéal.




Quantité minimale de fourrage¹ Quantité de moulée à servir au pic de lactation
Poids de la chèvre (kg)
1.5% du poids (kg)
Minimum 2% du poids (kg)
Maximum 2.5% du poids (kg)


55

60

65

70

75

80

85

90


0.83

0.90

0.98

1.0

1.13

1.2

1.3

1.4


1.1

1.2

1.3

1.4

1.5

1.6

1.7

1.8


1.4

1.5

1.63

1.75

1.80

2.0

2.13

2.3

¹Fourrage à 90% de matière sèche


Durant la lactation, il est important de couvrir adéquatement les besoins d’entretien et de production de la chèvre afin d’assurer la persistance de la production laitière, tout en tenant compte de son appétit plus limité en fin de lactation.

En milieu de lactation, la concentration en énergie nette de lactation de la ration doit se situer à 1.5 Mcal/kg de matière sèche et le niveau de protéines brutes doit être de 13 à 14% (sur base de matière sèche). Pour permettre de répondre à ces besoins et de maintenir une bonne persistance, la consommation d’excellents fourrages est primordiale.

En fin de lactation, la ration doit permettre à la chèvre de reconstituer ses réserves corporelles, ce qui se fait d’une façon plus efficace à la fin de la lactation que durant le tarissement. La consommation de fourrages doit être à son maximum (65% de la matière sèche totale de la ration). La concentration énergétique devrait se situer autour de 1.4 Mcal/kg de matière sèche et le taux de protéines atteindre 12% de la ration (sur base de matière sèche).
Les quantités de moulée servies varient en fonction de la qualité des fourrages et du niveau de production de la chèvre.



Période

Aliments

Développement physiologique

Technique d'alimentation
Début
  • Eau à volonté
  • Foin de haute qualité
  • Moulée à 16% de protéines brutes
  • Sel avec iode et cobalt
  • Minéraux
  • Besoins énergétiques élevés
  • Capacité d'ingestion maximum entre la 5ième et la 8ième semaine
  • Mobilisation des réserves corporelles
  • Augmentation de la moulée laitière à raison de 40 g/tête/jour jusqu'à un maximum de 2.5% du poids vif
  • Ajuster les quantités de moulée à la quantité de fourrage
  • Foin à volonté
3 à 5 mois
  • Eau à volonté
  • Foin de haute qualité
  • Moulée à 14% de protéines brutes
  • Sel avec iode et cobalt
  • Minéraux
  • L'appétit maximum de la chèvre lui permet de consommer plus que ce dont elle a besoin
  • Période de reconditionnement
  • Éviter de suralimenter
6 à 8 mois jusqu'au tarissement
  • Eau à volonté
  • Foin de haute qualité
  • Moulée à 14% de protéines brutes
  • Sel avec iode et cobalt
  • Minéraux
  • Réduction progressive de la capacité d'ingestion et des besoins
  • Période de saillie
  • Diminution progressive de la moulée
  • Avec un foin de haute qualité, employer une moulée à plus faible teneur en protéines
  • Ajuster la composition des minéraux en fonction du foin utilisé



Teneurs des aliments utilisés dans les rations


Aliments
 % MS
NEL (MJ) / kg MS
PAI (g) / kg MS
Bon foin
88
5.4
86
Foin moyen
88
5.0
78
Mauvais foin
88
4.4
65
Très bonne deuxième coupe
88
5.9
99
Deuxième coupe moyenne
88
5.4
86
Concentré énergétique
87
5.0
100
Concentré protéique
87
8.0
240
Concentré équilibré
87
7.5
125
Betteraves fourragères
19
7.4
85
Ensilage d'herbe (très bon)
35
6.4
84
Ensilage de maïs (plante entière)
90
6.3
85