Encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST)
Un article de La-chevre.com.
Que sont les EST?
Les EST regroupent des maladies qui affectent le système nerveux central. Ces maladies mortelles se caractérisent par une dégénérescence spongieuse du cerveau.L’encéphalopathie spongiforme des bovins (ESB), plus communément appelée la « maladie de la vache folle », est fait partie. La tremblante est aussi une EST qui se manifeste chez les moutons et les chèvres. La maladie débilitante des cervidés (MDC) s'attaque pour sa part aux cervidés, comme le cerf mulet, le cerf de Virginie et le wapiti.
Il n’existe pas d'épreuves de dépistage de ces maladies chez les animaux vivants, ni de traitement, ni même de vaccins.
La maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) est une forme fatale et rare de l’EST qui affecte les humains dans le monde entier. Une nouvelle forme de MCJ, appelée variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ), est diagnostiquée depuis 1996; on la croit liée à la consommation de produits carnés issus de bovins atteints de l’ESB.
Comment ces maladies ont-elles vu le jour?
On ne connaît pas la cause de ces affections, mais les personnes et les animaux infectés produisent des protéines anormales qui servent de marqueurs pour le dépistage de ces maladies en laboratoire.
L’origine de l’ESB demeure inconnue. Plusieurs théories ont été avancées à ce sujet, notamment la possibilité que l’ESB ait été présente à des seuils non décelables parmi les bovins britanniques avant son diagnostic en 1986. De nombreux experts croient, qu’en Angleterre, l’ESB pourrait avoir été causée en nourrissant les bovins avec des produits à base de protéines de ruminants (bovins, ovins, caprins, cerfs, wapitis, bisons). La protéine liée à l’ESB résiste aux méthodes habituelles d’inactivation, comme la chaleur. Des modifications apportées au procédé d’équarrissage (élimination de l’extraction avec des solvants et d’un second traitement à la vapeur) au début des années 1980 pourraient avoir permis à la protéine de demeurer active dans le matériel équarri.
Pour sa part, la tremblante du mouton existe depuis plusieurs siècles. On croit qu’elle se transmet le plus souvent par la brebis à sa progéniture ou à d’autres agneaux du même groupe, par contact avec le placenta et les fluides placentaires.
La MDC est une maladie relativement nouvelle du wapiti et du cerf. Elle a été diagnostiquée pour la première fois en 1967 chez un cerf à des installations de recherche au Colorado. Les scientifiques n’ont pu en trouver la cause, ni en déterminer le mode de transmission. Ils présument que les cerfs et les wapitis infectés propagent la maladie par contact entre animaux et par contamination des sources d’aliments et d’eau avec la salive et les matières fécales.
Ces maladies sont-elles présentes au Canada?
En 1993, un cas d’ESB a été diagnostiqué chez une vache de boucherie importée de Grande-Bretagne en 1987. L’animal a été abattu et le gouvernement fédéral a immédiatement pris des mesures supplémentaires pour contrer tout risque d’infection du bétail canadien.
Au Canada, le premier cas d'ESB chez un animal né sur son territoire a été détecté en mai 2003. Ce cas et le nombre limité de cas subséquents ont fait l'objet d'enquêtes approfondies et des rapports faisant état de leurs résultats ont été publiés sur le site Web de l'ACIA.
L’ESB est une maladie déclarable au Canada depuis 1990.
La tremblante du mouton est présente partout dans le monde. Sa prévalence au Canada est très faible, et la maladie fait l’objet d’un programme de lutte draconien depuis 1945.
On a dépisté la MDC aux États-Unis, ainsi qu’au Canada (Saskatchewanet Alberta). On a diagnostiqué le premier cas chez un wapiti en Saskatchewan en 1996. La maladie aurait été introduite par un wapiti importé des États-Unis à la fin des années 1980. La MDC fut aussi confirmée dans la population sauvage de cerfs en Saskatchewan et Alberta. Les chercheurs poursuivent leurs travaux sur la MDC , son mode de transmission et son diagnostic pour approfondir leur connaissance de la maladie et de son aire de distribution au Canada.
L’ESB, la tremblante et l’EC peuvent-elles être transmises aux humains et à d’autres animaux?
Une nouvelle forme de la MCJ, soit la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ), a été signalée pour la première fois en mars 1996 au R.-U. On croit que les personnes atteintes de vMCJ au R.-U. et en France auraient consommé des produits carnés provenant de bovins atteints de l’ESB.
Jusqu’ici, rien ne prouve que la tremblante et la MDC puissent être transmises aux humains et aux bovins. La MDC n’est pas l’ESB, même si l’information diffusée par certains médias, qui ont désigné cette maladie comme étant la « maladie du wapiti fou », ait suscité des craintes dans la population.
Que fait le Canada pour prévenir la dissémination des EST?
L’ACIA est responsable de la mise en oeuvre des programmes zoosanitaires, dont les principaux éléments incluent des services vétérinaires, la surveillance zoosanitaire, la conduite des épreuves de diagnostic en laboratoire, les contrôles intérieurs et à l’importation, les produits biologiques vétérinaires et les programmes d’alimentation des bestiaux. La loi confère à l’ACIA le pouvoir d’imposer des mesures de quarantaine et d’ordonner la destruction et l’élimination des animaux et des produits animaux présumés infectés. Il existe aussi un programme d’indemnisation des propriétaires des animaux et des produits animaux dont on a ordonné la destruction.
ESB
L'ESB est une maladie déclarable au Canada depuis 1990. Cela veut dire que tout cas présumé d'ESB doit être déclaré immédiatement à un vétérinaire de l'ACIA. Les politiques de l'ACIA visent à en prévenir l'introduction et l'établissement au pays. Le Canada n'autorise que l'importation d'animaux vivants, ainsi que de viande et de produits carnés provenant de pays qu'il considère indemnes de l'ESB. D'autres produits animaux sont évalués au cas par cas et pourraient être autorisés si l'ACIA juge qu'ils ne risquent pas d'introduire l'ESB au pays.
Comme on croit que l’ESB peut être transmise quand on nourrit les ruminants avec des produits équarris de ruminants (p. ex. la viande transformée et la farine d’os), l’interdiction d’une telle pratique constitue un élément essentiel du programme de prévention de l’ESB. Au cours de la dernière décennie, le Canada n’a pas importé de viande et de farine d’os de ruminants destinés à l’alimentation des bestiaux du R.-U. En 1997, l’ACIA a interdit de nourrir les animaux avec des produits équarris de ruminants (bovins, moutons, chèvres, bisons, wapitis ou cerfs). En décembre 2000, elle a suspendu l’importation de protéines animales équarries provenant de toutes ces espèces animales et de pays non reconnus exempts de l’ESB.
Le Canada exerce une surveillance constante de l’ESB sur son territoire depuis 1991. Le programme national de surveillance de l’ESB repose sur l’analyse des tissus du cerveau soumis aux laboratoires fédéraux, provinciaux et universitaires.
Tremblante
En 1945, le Canada rendait obligatoire la déclaration de la tremblante. Le programme actuel de lutte et d’éradication de cette maladie se fonde sur le dépistage des cas cliniques, la confirmation par les laboratoires et la destruction des moutons et des chèvres infectés, ainsi que des autres animaux « à risque » (peuvent inclure le troupeau entier), suivie de l’incinération ou de l’enfouissement des carcasses. Les autorités envisagent actuellement d’autres mesures réglementaires, comme la surveillance active et la certification des troupeaux.
MDC
En avril 2001, le gouvernement a rendu obligatoire la déclaration de la MDC et a mis en oeuvre un programme national d’éradication à l’automne 2000. Ce programme repose sur le dépistage précoce des cas cliniques, la confirmation des résultats par les laboratoires et la destruction des wapitis infectés et des autres animaux « à risque » (peuvent inclure le troupeau entiers), suivie de l’incinération ou de l’enfouissement des carcasses. D’autres mesures réglementaires, comme la surveillance active, la certification des troupeaux et la délivrance de permis à tous les éleveurs de cervidés, sont envisagées par l’ACIA en collaboration avec Santé Canada, les provinces et l’industrie. Le velours des animaux reconnus atteints de la MDC est détruit sous la surveillance de l’ACIA.
Que fait le Canada pour prévenir l’introduction des animaux malades et de leurs produits infectés dans la filière alimentaire?
Pour empêcher les animaux infectés de parvenir à la chaîne d’approvisionnement alimentaire commerciale, les moutons atteints de tremblante, les wapitis et les cerfs infectés par la MDC et les autres animaux « à risque » (qui peuvent inclure le troupeau entier) ne peuvent être expédiés aux abattoirs ou aux usines d’équarrissage. Ils sont détruits sans cruauté et leurs carcasses, incinérées ou enfouies. Les produits issus des animaux infectés, comme le velours des bois, sont aussi incinérés ou enfouis.
Quelles autres mesures entend prendre le Canada pour combattre les EST?
Le commerce des produits animaux, y compris de ceux destinés à l’alimentation humaine et animale, est libre entre les États-Unis et le Canada. Par conséquent, bon nombre des facteurs de risque sont analogues dans les deux pays. Le Canada collabore donc étroitement avec les États-Unis (et le Mexique) pour harmoniser ses politiques de lutte contre les EST.
L’information scientifique et commerciale sur les EST, en particulier sur l’ESB, évolue continuellement. L’ACIA s’affaire donc constamment à remanier et à peaufiner ses politiques et ses méthodes de diagnostic. D’importants travaux scientifiques sont en cours au Canada, mais il faudra les poursuivre pour déterminer quelles sont les mesures les plus efficientes et les plus efficaces pour gérer les risques associés à l’ESB, à la tremblante et à la MDC.
L’ACIA autorise-t-elle l’importation de produits du boeuf transformés, comme les bouillons, les soupes et les cubes de bouillon, importés d’Europe?
Les aliments transformés, comme les bouillons, les soupes et les cubes de bouillon, qui contiennent une quantité infime de viande (c.-à-d. moins de 2 p. 100 d’extrait de gras fondu et de viande dans le produit prêt à consommer après l’ajout d’eau), sont exemptés du Règlement sur l’inspection des viandes.
D’autres produits, comme les vinaigrettes, les trempettes à base de produits laitiers, les préparations aromatisantes et les assaisonnements, peuvent contenir plus de 3 p.100 d’ingrédients carnés sans être considérés comme étant des produits carnés aux fins du Règlement sur l’inspection des viandes.
Ces produits ne sont pas assujettis aux contrôles à l’importation des viandes de l’ACIA et peuvent donc être importés de partout.
Est-ce que la consommation de boeuf et de produits laitiers comporte des risques?
On peut consommer sans danger le boeuf et les produits laitiers canadiens. L’importation de tous produits de ruminants reconnus comme comportant un risque d’infection par l’ESB est interdite au Canada. Il existe des produits exemptés qui ne sont pas considérés comme posant un risque de transmission de l’ESB. Il s’agit du lait et des produits laitiers, des peaux et des dépouilles, de la gélatine, du collagène et du suif exempt de protéines et de ses dérivés.
Le gouvernement canadien ne restreint pas l’importation de gélatine destinée à des usages industriels ou en laboratoire, à la consommation humaine, à des fins pharmaceutiques et à l’alimentation des animaux de compagnie, et ce, peu importe le pays d’origine. Ces produits sont dédouanés par l’Agence des services frontalier du Canada. L’ACIA applique toutefois des exigences à l’importation de la gélatine destinée à l’alimentation des bestiaux et de la volaille. Les produits à base de gélatine destinés à l’utilisation et à la consommation par les humains sont régis par la Loi sur les aliments et drogues et par son règlement d’application.
Peut-on consommer sans danger des produits du boeuf (viande en conserve, repas préparés) provenant d’autres pays?
On peut importer des produits du boeuf de pays non reconnus exempts de l’ESB (comme l’Italie), à condition que ces denrées aient été importées d’un pays exempt de la maladie (comme la Nouvelle-Zélande) et qu’elles aient subi une transformation ultérieure (p. ex. mise en conserve) dans un établissement de transformation approuvé par l’ACIA. Les produits ainsi transformés ne comportent pas plus de risque que la viande importée de pays déclarés indemnes de l’ESB. Les produits du porc ne sont pas visés par les restrictions sur l’ESB, mais doivent être transformés à des établissements approuvés par l’ACIA.
Quel rapport y a -t-il entre la vMCJ et l’ESB?
L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) est le ministère fédéral responsable de l’évaluation des maladies pouvant menacer la santé des Canadiens. Il a mis sur pied une équipe scientifique avec la participation de l’ACIA pour la conduite d’une évaluation des risques pour la santé humaine associés à l’ESB. Selon les résultats de cet exercice, il faudra peut-être modifier la politique sur l’ESB. L’information sur les EST est également disponible sur le site Web de l'ASPC.
Où puis-je obtenir de plus amples renseignements sur les EST?
Un rapport exhaustif intitulé « The Bovine Spongiform Encephalopathy Inquiry » est disponible sur leur site Web.
Parmi les autres sites proposés,
Organisation mondiale de la santé (organisme international responsable de la santé humaine)
Office international des épizooties
Chronic Wasting Disease Alliance
novembre 2005